_____Le lendemain, je me lève pour aller travailler. Je me prépare et arrive au « Schenke », le bar où je travail. Là bas, tout les employés sont gentils.
Je redoute toujours le moment où je quitte mon comptoir pour le monde de la nuit.
Les heures passent à une vitesse folle. J'ai bien déjà songé à arrêter la prostitution, à fuir, mais je n'est nulle part où aller et Linke me rattraperais.
Le soir, je quitte le bar à 21h. En générale, je reste jusqu'à la fermeture, ça arrange le patron, et ça m'évite de resté trop longtemps dans les rue.
Je marche le long du trottoir et met la main dans ma poche pour en sortir le papier déchiré où est inscrit l'adresse que Linke m'a donné. J'appelle un taxi à contrec½ur et lui demande de m'y conduire.
J'arrive là-bas, je tremble, comme à chaque fois que je rencontre un client. Je m'attarde quelques minutes devant la porte d'entrée et sonne. Un homme d'une trentaine d'années m'ouvre. En me voyant, il me sourit et me fais entrer. Son sourire me glace le sang.
Homme : Met toi à ton aise, je vais chercher de quoi nous rafraîchir.
Sans un mot, je m'assoie dans un fauteuil. Mais qu'est-ce que je fais ici bon sang ? Pourquoi j'ai encore cédé à Linke ? Je me lève et m'apprête à partir lorsqu'il arrive, muni de deux verres et d'une bouteille de Tequila.
Homme : Où tu allais comme ça ?
Moi : Nulle part...
Homme : Installe toi, nous allons nous mettre à notre aise avant de passer aux choses sérieuses...
Sa voix me glace autant que son sourire. Il me tend le verre et le rempli. Je l'avale d'un coup sec et lui retend mon verre pour qu'il me resserve.
Homme : Sois tu es une accro à la tequila, sois tu es pressé d'en finir.
Je le regarde dans le blanc des yeux et lui tend mon verre avec insistance. Il le remplit et je le ravale aussi vite. L'homme pose son verre et se frotte les mains. Il m'incite à me lever et m'ordonne ensuite de le suivre. Je m'exécute et le suit jusqu'à une chambre. Sur le lit, un ensemble de sous-vêtement est soigneusement posé. Je le regarde l'air interrogateur. Il s'approche du lit et me balance l'ensemble qu'il me demande de mettre.
Homme : T'as intérêt d'y mettre du tiens sinon ton mec n'aura pas les deux doses que je lui est promis et toi tu n'aura pas la tune que tu attend d'avoir...
Je baisse la tête et file dans la pièce à côté me changer. La plupart des hommes sont comme ça, irrespectueux. Peu à peu se forme en moi une image dégoûtante de l'être humain.
Une fois l'ensemble enfilé, je retourne dans la chambre. Mes mains son moites, et mon corps tremble, mais cette sensation fait désormais partie de moi, je la connaît trop bien.
J'entre dans la pièce, il est déjà allongé sur le lit, nu, et m'attend en me scrutant de haut en bas avec son terrible sourire. J'avance vers lui. Il m'agrippe et me retourne d'un coup sec, pour se placer au dessus de moi. Son ensemble n'aura décidément servit à rien puisqu'il me l'arrache avec force. Il pose ses lèvres partout sur moi. Je ferme les yeux et serres les dents. J'essaie de m'imaginer ailleurs, comme je le fais à chaque fois. Je m'imagine un monde de rêve, quelque part où la liberté et la paix règne. Mais cette souffrance qui se répète toutes les nuits me sort de mon monde imaginaire.
L'homme viens d'entrer en moi avec force. Il effectue des vas et viens aussi violents les uns que les autres. Je m'accroche au drap et m'efforce de penser à autre chose. Ses gémissements dans le coin de mon oreilles me donnent envie de vomir... Je prie le ciel pour que cet instant s'arrête.
Quelque minutes plus tard, l'homme s'écroule à côté de moi, épuisé. Je court prendre mes affaires et me rhabille. Je me poste devant lui.
Homme : Ah oui, tiens, voilà.
Il me tend deux petits sachets d'héroïne au milieu d'un billet. Je lui prend des mains et me dirige en trombe vers la sortie.
Dehors, il pleut, j'attend un taxi mais aucun ne s'arrêtent. J'avance donc encore un peu. Je suis trempé, mais qu'importe, l'eau, élément si pur, me lave de toutes les choses horrible que je vie chaque nuits...